Si Ryan Bignham a gagné en popularité avec son rôle de cowboy musicien dans la série Yellowstone, il était déjà auparavant sur notre radar.
On avouera que sa musique n’est pas de niveau constant, et qu’il a eu quelques errements. Mais il a aussi de vraies pépites à son actif (le moins trouvable de ses albums est pour nous le meilleur, le bootleg « Whisbone Saloon »).
Et surtout, sa voix cassée qui sent les soirées au bourbon, ses textes de cowboy mélancolique et malchanceux, entre le Nouveau-Mexique et le Texas, nous évoquent tout un imaginaire de l’Ouest. Son personnage comme sa musique incarnent une expérience américaine.
Il en a conscience et surfe indéniablement sur cette vague en se revendiquant de cette population facilement raillée aujourd’hui, dans la chanson « Americana », véritable ôde à la liberté et aux soirées barbecues et feux d’artifice d’une classe populaire qui s’assume totalement.
Mais la vraie force de l’album, c’est qu’il nous fait ressentir le plaisir que Ryan et les Texas Gentlemen ont pris à jouer ensemble. L’ensemble est d’ailleurs moins sombre qu’à son habitude et la chanson « The Ballad of the Texas Gentlmen » raconte justement le bonheur de prendre la route entre camarades et de vivre au rythme des concerts…. et nous régale du fiddle décomplexé de Richard Bowen.
Même vibe pour « The lucky ones”. Ryan nous parle de ses mauvais moments, et de son retour vers le droit chemin sur la route. Sur une facture assez classique musicalement, sans réelle envolée.
« Let the big dog eat” est pour sa part une chanson de soirée de débauche, avec un texte simple, une musique touchant au rock, et le clavier répétitif et minimaliste caractéristique de Bingham.
Inspiration rock et quelque chose des Rolling Stones pour « I got a feelin’ » et sa guitare électrique.
On redescend en décibels pour la suite.
« Blue Skies » et « I’m a goin’ nowhere” sont des chansons d’amour et de loyauté, guitare et voix, qui nous rappellent que dans la vraie vie Ryan vient de se marier. La seconde nous offre en prime une description d’une ville d’aujourd’hui qui s’endort avec ses maisons vides pour défaut de paiement, son vétéran sans-abri et ses enfants qui ne font plus de vélo dans les rues.
« Twist the knife » penche aussi de ce côté classique Bigham, avec supplément harmonica, pour nous raconter ses sombres moments.
Pour « Cocaine Charlie » Bigham s’offre une chanson-histoire de 7min, dans la tradition country, où le hors-la-loi est un passeur de drogue sur les rives du Rio Grande. Une histoire à mi-chemin entre Breaking Bad et une série de Taylor Sheridan.
En définitive, cet album est fidèle à son auteur. Un mélange de balades et de bangers, des titres hétéroclites mais qui nous peignent des images vivaces. On ne criera pas au chef d’œuvre mais c’est solide, agréable et surtout… tellement Americana !

